« Poto-Poto Mboka munene, solo Kisasa Poto moyindo » (Poto-Poto
est une grande ville, [mais] il est vrai que Kinshasa est l'Europe noire), chantait
Antoine Moundada de Brazzaville dans les années 1950. Après
les Malebo (palmiers rôniers), aujourd'hui disparus,
ce sont ces imposants buildings alignés le long du Fleuve Congo
qui confèrent à la capitale de la République Démocratique
du Congo, son éternelle
majesté.
Ville aux mille et un noms (dixit Kallé Jeff), ville lumière éblouissant de son éclat les campagnards en quête de fortune - au risque de ne devenir que de simples « Chégués » condamnés à survivre -, ville festive par excellence, Kinshasa est tout un programme.
Patrie de Ngaliéma, qui ne reconnaît l'autorité de l'Onkoo (le Roi) de Mbé que du bout des lèvres, Kinshasa est une mégalopole de 24 communes dont la plus proche n'est sûrement pas Maluku, lieu de naissance d'Henri Lopès, situé bien au-delà de l'Aéroport de Ndjili, voisin de Nselé, autrefois lieu de villégiature convoité par toutes les Kinoises et tous les Kinois, après s'être affairés autour du rond point Victoire ou du Grand marché, s'ils ne sont pas allés tout simplement faire le tour de l'horloge à « Matongé tongo tsaa», (jusqu'au matin).
« Matongé » c'est la cité d'ambiance où le trot des aiguilles de l'horloge est loin des soucis des ambianceurs. D'ailleurs, pour les Kinois, la porte de Namur à Bruxelles a fini, le jeu de transposition symbolique aidant, par s'appeler « Matongé ».
A Kin Malebo,
pour ne pas dire Lipopo, la création artistique se
trouve en pays conquis : il y a là le marché aux tableaux,
l'Institut National des Arts (INA), le Mont des arts, les bars dancings
et autres nganda (campements culturels) où la musique règne
en « kilo-maître ».
S'il prend à un Kinois l'envie de se rendre à CFA (Brazzaville selon lui), le beach Ngobila l'attend à bras ouverts, en attendant la construction du pont sur le Congo tant souhaité par Franklin Boukaka et Grand Kallé.