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HISTORIQUE

Pour la sixième fois, le Congo va organiser le Festival Panafricain de Musique (FESPAM). Le thème de cette édition est : « Musiques d'émancipation et mouvements de libération en Afrique et dans la diaspora ».

Mais qu'en est -il de la genèse et de la trajectoire de cette institution qui, à force de persévérance, est devenue le plus grand rendez-vous musical de l'Afrique et sa diaspora ?

L'origine

En réalité, l'histoire de cette institution commence avec les états généraux de Paris en 1956 et ceux de Rome en 1959. A ces grandes réunions, les intellectuels africains affirment sans ambages le concept d'un festival des cultures : « Le Noir (…) pourra, peu à peu, signifier sa présence, en contribuant à la recréation d'un humanisme à la vraie mesure de l'homme, ». Une grande ambition est alors exprimée.

En 1966, Dakar organise le Festival mondial des arts nègres. Ensuite c'est à Alger que va être organisée, en 1969, une manifèstation qui prend en compte toutes les disciplines culturelles artistiques africaines. Il sied de signaler que la conférence des ministres de la culture tenue en 1969, à port Louis (île Maurice), peaufine le concept et lui confère un contour précis.

Bon an mal an, Lagos à son tour, s'essaye à l'organisation de ce type de manifestation culturelle. Toutes ces tentatives soutenues par de bonnes intentions sont certes louables. Mais la moisson de ces expériences est bien en deçà des attentes des concepteurs et organisateurs de ces manifestations. A la vérité, l'infortune des expériences antérieures s'explique par le caractère onéreux de l'organisation d'un festival d’envergure.

Après un long sommeil s'apparentant à une marche dans l'oubli, cette idée refait surface et est, avec solennité, mise en valeur lors des assises de l'Organisation de l'Unité Africain (OUA) en 1996. Et le dévolu est jeté sur le Congo. Ce grand honneur fait au Congo, désigné comme siège de ce festival sous l'égide de l'OUA, devenue depuis Union Africain (UA), est une sorte de consécration d'un pays qui recèle des talents en musique, en littérature, en sculpture, en peinture…

Les premières éditions

Le FESPAM se tient tous les deux ans. Pendant une semaine de fête, artistes, producteurs, journalistes, chercheurs, mélomanes, touristes… de l'Afrique et d'autres continents se retrouvent à ce rendez-vous éminemment culturel.

La première édition fut organisée en 1996. La deuxième, quant à elle, se tint en 1999. La guerre de 1997 qui avait sérieusement ruiné les capacités économiques du Congo n'avait pas permis le respect de l'intervalle de deux ans entre la première et la deuxième édition. Ici, il faut saluer la détermination du Gouvernement quant à l'organisation de cette deuxième édition, après ces terribles dégâts occasionnés par cette guerre. A tout Seigneur, tout honneur ! Un grand peuple, c'est celui qui est capable de se relever après une chute. En clair, après ces violences fratricides, le Congo a eu la sagesse de se réconcilier rapidement avec lui-même.

Les troisième, quatrième et cinquième éditions ont respectivement eu lieu en 2001, 2003 et 2005. Si l'édition de 1999 contrastait un tantinet avec celle de 2001 lors de laquelle un petit relâchement avait été observé, c'est parce qu'à cette période post-conflit, l'organisation de l'édition de 1999 était pour le Gouvernement du Congo un véritable défi à relever. Avec la participation des Kora en 2003, le FESPAM s'est ouvert à des prestataires extérieurs. L'apport des Kora a été indéniablement un plus en termes d'organisation matérielle et de sonorisation.

Le Symposium

Le symposium qui fait se retrouver des chercheurs et experts en musicologie, en muséologie, en histoire, en anthropologie, en politologie…, donne à l'événement un caractère scientifique. Cette approche hautement intellectuelle est un argument de taille qui fait un pied de nez à ces pourfendeurs qui réduisent la musique à une activité des dilettantes ou des désoeuvrés.

A cette sixième édition, le xylophone, « instrument de musique de la catégorie des idiophones, c'est-à-dire des instruments faits d'une matière qui résonne par elle-même, par percussion » a été choisi comme thème de l'exposition. Ce choix est empreint de pertinence, car cet instrument, beaucoup joué et très populaire en Afrique du sud, a accompagné de nombreux chants et danses dans la lutte de libération. Par ailleurs, dans le cadre de cette sixième édition, se tiendra un atelier de formation des techniciens des musées. Cet atelier vise une évaluation maximale des techniques de collecte, de protection, de réhabilitation et de valorisation du patrimoine culturel africain.

Le FESPAM, c'est bien sûr la fête de la musique, mais c'est aussi un espace des activités connexes comme Miss Fespam qui célèbre la beauté et l'élégance de la femme africaine.

Vers une édition en quête de perfection

Avec cinq (5) éditions à son actif, le FESPAM est vieille d'une décennie. Tirant les leçons des imperfections constatées lors des éditions passées, le Commissariat général ne ménage pas ses efforts pour améliorer cette sixième édition. Outre la visibilité au plan international, il s'agit d'optimiser la visibilité au plan national. L'éclatant lancement de cette sixième édition, à Dolisie, le 26 mai 2007, s'est inscrit dans cette perspective.

A l'affiche de la 6ème édition

Depuis sa première édition, le FESPAM rassemble de grosses pointures de la musique africaine et de sa diaspora. Les têtes d'affiches-la liste est loin d'être exhaustive-ont pour noms : Youssou N'dour, Meïway, Papa Wemba, Koffi Olomidé, Rebecca Malope, Makoma, Magic System, Brenda Fassie, Monique Séka, Aïcha Koné, Jean Serge Essous, Tabu Ley, Mami Claudia, Mbilia Bel, Petit Pays, Lutumba Simaro, Amy Koïta, Viviane Etienne, Michel Rotin, Pierrette Adams, Princess Lover, Werrason, J.B M'piana, Passi…

Une fête populaire avant tout

Pour vraiment mériter son statut de fête populaire, le FESPAM fait coexister tous les genres musicaux. Les petits ensembles modernes et traditionnels y trouvent aussi un cadre où ils étalent leur virtuosité. Par sa capacité à réunir un grand monde fait de toutes les générations et toutes les conditions sociales, la musique est, à l'instar du sport, un puissant trait d'union entre les peuples, et par la magie de ces sons, un instrument de paix.

La soirée Miss FESPAM

Le FESPAM, c'est bien sûr la fête de la musique, mais c'est aussi un espace des activités indissociables comme Miss FESPAM qui célèbre la beauté et l'élégance de la femme africaine. Miss FESPAM est une des attractions, et un véritable point de jonction entre la musique, la beauté et la mode. La soirée Miss FESPAM, organisée en collaboration avec le Club Promotion Esthétique de Brazzaville met en compétition les miss et les dauphines de plusieurs Pays.

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